18h30 mercredi. Il tombe des cordes à l’extérieur. On sonne à la porte. Deux jeunes hommes trempés me sourient lorsque j’ouvre. Il y en a un qui tient une boîte de denrées dans les mains, comme s’il arrivait de l’épicerie, alors que l’autre tient un contenant transparent dans lequel je distingue de l’argent sonnant et en papier.
- Bonsoir monsieur. Nous sommes deux étudiants du Cégep de Sherbrooke. Nous participons à la guignolée au profit de Moisson Estrie, qu...i vient en aide aux plus démunis. Nous recueillons les denrées non-périssables ou l’argent que vous voulez bien donner…
Et moi qui pestait contres les étudiants à chaque fois que je les voyais aux nouvelles…
Je les ai félicités chaleureusement. Wow! Je suis impressionné. Par une température pareille en plus.
Qu’on se le dise : ce ne sont pas tous les étudiants qui se cagoulent, qui tempêtent, qui protestent, qui tapent sur les casseroles, qui perturbent les cours ou qui menacent les autres étudiants pour les priver des cours auxquels ils ont droit.
Lorsque j’ai voulu remettre un billet au jeune homme qui recueillait les dons en argent, il m’a demandé de déposer moi-même l’argent dans le contenant. « Nous ne touchons pas à l’argent », s’est-il excusé.
Wow! Impressionnant. Vraiment. Voilà une bien belle jeunesse.
Et vous savez ce qu’ils m’ont lancé avant que je referme la porte?
« Bon match de hockey, monsieur. »
Merci, les gars. Merci beaucoup.

Par 39871